« Rencontrez le 19e type ayant le plus de chance de gagner la nomination présidentielle républicaine »[1] titrait un article du Washington Post d’avril 2015. Alors que l’élection présidentielle américaine se tiendra dans plus d’un an et demi, la primaire républicaine a déjà commencé. 6 candidats sont officiellement lancés dans la course. 13 autres, soit des habitués des candidatures à la présidentielle soit de nouvelles figures populaires des cercles conservateurs, ont exprimé leur désir d’entrer dans la compétition. L’originalité de cette primaire présidentielle réside dans le fait que tous, ou presque, ont une chance de l’emporter. Et pour cause, la majorité d’entre eux bénéficie d’une base électorale dans les différentes factions de la coalition conservatrice. Jeb Bush aura ainsi l’appui des électeurs modérés et Rand Paul pourra compter sur un électorat jeune à tendance libertaire. Ted Cruz bénéficiera quant à lui du soutien de nombreux conservateurs sociaux. Enfin, Scott Walker sera soutenu par le big business qui espère le voir continuer sa lutte contre les syndicats depuis la Maison Blanche.

La primaire républicaine pour la présidentielle de 2016 se profile donc comme un lutte intestine où chacun, fort d’une base électorale, cherchera à donner au Parti républicain une direction propre, révélant ainsi les divisions internes du mouvement conservateur. Je propose d’analyser la trajectoire du Parti républicain l’ayant conduit à une telle situation de divisions internes.

Quelles conditions d’émergence ?

Le mouvement conservateur moderne américain apparaît en réponse au contexte historique et politique des années 1940-50[2]. Pourquoi ce mouvement émergea-t-il à ce moment précis ? Sur quelles représentations s’est-il appuyé ? Selon le philosophe conservateur Michael Oakshott, « être conservateur […], c’est préférer le familier à l’inconnu… l’exploré à l’inexploré, le fait au mystère, le réel au possible, le limité à l’illimité, le proche au distant »[3]. Le conservatisme n’est pas un moteur de changement mais, au contraire, « émerge invariablement en réponse à une menace contre l’ancien régime, ou après que l’ancien régime ait été détruit »[4]. Il est donc une réaction à un contexte géopolitique dans lequel une classe perçoit une menace à un ordre qu’il souhaite conserver. L’ancien régime en phase d’être détruit est celui de l’avant-guerre et de l’avant-crise, menacé par le New Deal des années 1930, le mouvement des droits civiques (années 1950-60) et la lutte idéologique de la Guerre Froide.

Affiche publiée par la Catechetical Guild Educational Society

Affiche publiée par la Catechetical Guild Educational Society

L’échec de l’administration républicaine de Herbert Hoover à faire face à la Grande Dépression permit l’arrivée au pouvoir du Parti démocrate sous l’égide de Franklin D. Roosevelt. Sa politique progressiste du New Deal ouvrit ainsi la voie à une reconfiguration fondamentale de l’organisation du système fédéral américain. Celle-ci se matérialisa par une augmentation considérable du rôle du gouvernement fédéral dans les affaires nationales qui, combinée à la lutte idéologique de la Guerre Froide, créa les conditions pour la formation du mouvement conservateur. En effet, en réponse à cette reconfiguration qui structura les relations État fédéral-États fédérés pendant la deuxième moitié du XXe siècle, des intellectuels de droite cherchèrent à théoriser leur pensée et « à élaborer leur propre synthèse du capitalisme de marché, de la moralité chrétienne et de la lutte contre le communisme »[5] pour fonder ce qui deviendra le conservatisme moderne. A sa tête, on trouve des personnalités telles que Russel Kirk qui publia The Conservative Mind (1953) ou William F. Buckley qui fonda le journal conservateur National Review en 1955.

La formulation d’une représentation

Le mouvement conservateur moderne coalise trois courants principaux : socio-conservateur, conservateur économique et néoconservateur. Le premier est attaché à un système de valeurs basées sur la morale chrétienne[6]. Les conservateurs économiques mettent quant à eux l’emphase sur la liberté individuelle[7]. Sans être libertaires, ils ont en tout cas des affinités avec une forme modérée de cette idéologie[8]. Enfin, les néoconservateurs, issus d’une tradition de gauche, ont vu leur heure de gloire à partir des années 1970. Ils sont avant tout anticommunistes et partisans d’un interventionnisme fort à l’étranger afin de promouvoir la démocratie libérale. Ce sont les moteurs de l’expansionnisme américain durant la Guerre froide et les architectes de la guerre en Irak[9].

Les théoriciens du conservatisme moderne synthétisèrent les deux représentations majeures mais antithétiques structurant la pensée conservatrice américaine : la préservation des traditions et la promotion de la liberté individuelle. On retrouve ces représentations dans la tradition philosophique anglo-saxonne qui tend à favoriser l’individualisme plutôt que l’égalitarisme. Ainsi, le protolibertarisme de penseurs tels que John Stuart Mills (1806-1873) donne au conservatisme une impulsion libérale, contredisant la tendance traditionaliste d’Edmund Burke (1729-1797) pour qui la tradition plutôt que l’individualisme donne sa cohérence à la société[10]. C’est cette contradiction fondamentale que les théoriciens du mouvement conservateur ont cherché à éradiquer.

Burke considérait que le renversement de la monarchie française en 1789 menaçait la cohésion sociale dont « l’État serait le gardien », entrainant ainsi la perte des valeurs morales et des traditions chrétiennes[11]. Le fédéralisme américain amène cependant à problématiser différemment le rôle de l’État[12]. La Constitution place la question de l’étendue de la souveraineté des États fédérés au centre de la conscience politique américaine. Que ce soit la Couronne britannique à la veille de la Révolution, le gouvernement fédéral pendant la Guerre de Sécession aux yeux des États sudistes, ou encore celui qui oblige la population à souscrire à une assurance santé, l’État fédéral est dans les représentations conservatrices un tyran en devenir. Dans l’esprit conservateur, il ne peut donc être le garant de la liberté individuelle et de la morale, et encore moins de la cohésion sociale.

Malgré cette position commune, la coalition des différentes factions qui formeront le mouvement conservateur moderne n’est pas évidente. En effet, les socio-conservateurs, puisant dans la tradition burkéenne, substituent la morale chrétienne à l’État comme garant du lien social puisque, selon eux, « la vraie religion n’est pas seulement une expression d’un esprit national ; elle s’élève bien plus haut que la loi terrestre, étant en effet la source de toute loi »[13]. Pour les conservateurs économiques en revanche, c’est la liberté individuelle qui permet la préservation de cette cohésion sociale, la religion n’étant pas une préoccupation centrale.

Cependant, lorsque l’État se fait l’agent d’un changement politique, économique ou social, ces factions se mobilisent pour défendre l’ordre établi. C’est donc dans le contexte d’accroissement spectaculaire du rôle du gouvernement fédéral au niveau domestique à partir des années 1930 et de lutte contre le communisme à l’étranger que ces factions apparemment antithétiques ont trouvé le ciment permettant la formation du mouvement conservateur[14]. La lutte anticommuniste représentait en effet une mission divine pour les socioconservateurs, un enjeu idéologique pour les néoconservateurs et une nécessité pour les conservateurs économiques. Le rejet de l’expansion du rôle du gouvernement via l’application des Civil et Voting Rights Acts (1964 et 1965) fédéra de même les différentes factions conservatrices anti-fédéralistes. La théorisation de ces réactions conservatrices se manifesta dans la multiplication de publications dans des revues issues des universités de Harvard et de Chicago ou encore des centres de recherche tels que l’American Enterprise Institute (1938), la Heritage Foundation (1973), ou le Cato Institute (1977)[15].

Parallèlement à ce processus de théorisation entamé dans les années 1940, le mouvement s’est progressivement politisé. Le rapprochement entre le Parti républicain et le mouvement conservateur moderne est le résultat d’une instrumentalisation mutuelle.

Quelle stratégie politique pour le mouvement ?

Aux États-Unis, les partis politiques ne se forment pas systématiquement à partir d’une idéologie. L’alliance entre partis et idéologies est donc généralement contingente. Rappelons par exemple que le Parti républicain, aujourd’hui vecteur de valeurs conservatrices et à tendances anti-fédérales, fut créé par Abraham Lincoln en 1854 et se battit pour l’union du pays pendant la Guerre de Sécession. L’équation ‘conservateurs = républicains’ ne va donc pas de soi. Elle résulte des contextes et des stratégies politiques mises en place au cours des cinquante dernières années.

Ronald Reagan intervient à un meeting de campagne pour l'élection de Barry Goldwater à Los Angeles en 1964

Ronald Reagan intervient à un meeting de campagne pour l’élection de Barry Goldwater à Los Angeles en 1964

Black et Black rappellent ainsi qu’« après la Guerre civile, le conservatisme sudiste – racial, économique, religieux, social, culturel – était exclusivement canalisé par le Parti démocrate »[16]. La transition du Sud vers le Parti républicain fut le produit d’une stratégie de conquête de la part de ce dernier en mal d’électorat mobilisable. L’incapacité de Hoover à faire sortir le pays de la crise de 1929 permit l’élection de Roosevelt en 1932, en partie grâce à la mobilisation des Démocrates sudistes, et conduisit à la domination du paysage politique par les Démocrates. Les réformes de Roosevelt facilitèrent la reprise économique dont bénéficia toute une couche de la population qui se tourna elle aussi vers son parti. Les Républicains se trouvèrent donc face à un Parti démocrate désormais « identifié à Roosevelt et au New Deal plutôt qu’à la rébellion et à la suprématie de la race blanche »[17]. Ce dernier put donc compter sur une large base électorale et conserver le contrôle ininterrompu du législatif et de l’exécutif de 1933 à 1947.

L’idéologisation du Parti républicain : conquête des exclus des politiques progressistes

L’activisme du Parti démocrate nordiste avait néanmoins « aliéné beaucoup de conservateurs blancs sudistes »[18] qui, se sentant trahis, se tournèrent progressivement vers le Parti républicain. La campagne présidentielle de Barry Goldwater en 1964 marqua le début de la réorientation idéologique du Parti républicain et son alliance avec le mouvement conservateur moderne. Il se fit la voix d’un conservatisme anticommuniste et d’un rejet à tonalité raciale de l’intervention fédérale[19]. Ce fut le début de la stratégie de conquête des grands exclus des politiques progressistes des Démocrates : les factions conservatrices. Goldwater réussit à réveiller la tradition sudiste en rendant le gouvernement fédéral, et par extension les Démocrates, responsable de la désintégration de la société individualiste et moraliste (comprendre ‘ségréguée’). La défaite de Goldwater fut monumentale, avec 38,5% du vote populaire et 52 grands électeurs contre les 486 de Johnson. Néanmoins, pour la première fois de l’histoire du pays, 5 États sudistes donnèrent la majorité à un candidat républicain, signe fort du début du réalignement des idéologies et de l’électorat au sein des partis politiques.

Richard Nixon lors de sa campagne de 1968

Richard Nixon lors de sa campagne de 1968

Cette stratégie de conquête fut ensuite reprise et améliorée par les candidats suivants à la présidence, notamment par Richard Nixon et sa Southern Strategy de 1972 qui « combinait des appels à l’ordre public avec un conservatisme économique »[20]. A mesure que les électeurs noirs, dont l’accès au vote fut facilité par les réformes des années 1960 sous Johnson, se tournèrent vers le Parti démocrate, les Blancs sudistes, et plus généralement les Blancs conservateurs, se rallièrent au Parti républicain. Nixon sut aussi tourner à son avantage et entretenir la paranoïa anticommuniste née des années McCarthy[21]. L’intégration du discours anti-fédéraliste aux plates-formes du Parti républicain lui permit de cimenter son alliance avec les mouvements conservateurs. Ronald Reagan paracheva cette stratégie en axant ses campagnes sur une politique de réduction d’impôts, de diminution de la taille du gouvernement fédéral, et la promesse faite aux néoconservateurs d’une Amérique forte face à son « empire du mal ». Les présidences de Reagan marquèrent aussi l’entrée des évangélistes et de leur conservatisme social dans les cercles d’influence conservateurs.

La nouvelle droite

Le processus d’équation ‘conservateur = républicain’ s’achève lors de la culture war des années 1990. La disparition de la ‘menace communiste’ cimentant la coalition conservatrice peut expliquer cette transition vers la question des valeurs. Elle fut portée par les cercles de conservateurs sociaux et  religieux de plus en plus influents au sein du Parti républicain, notamment à travers leur activisme dans des think tanks tels que la Heritage Foundation. Les stratèges républicains s’éloignèrent des électeurs centristes pour courtiser les extrêmes et de fidéliser de nouveaux électeurs. De nouveaux thèmes, cette fois-ci purement sociaux et culturels, firent leur apparition dans les débats, notamment l’opposition à la légalisation de l’avortement suite à Roe v. Wade (1973), en faveur des prières dans les écoles ou du changement des programmes scolaires pour y enseigner le créationnisme en cours de sciences[22]. Cette stratégie de campagne à thème unique porta ses fruits en 1994 lorsque les Républicains remportèrent le Sénat pour la première fois en 8 ans et la Chambre des Représentants pour la première fois en 46 ans. Au cours de cette Republican Revolution, comme l’a qualifiée la presse,  les évangélistes votèrent à 76% pour le Parti républicain[23].

Reagan et Bush Sr à la Convention Nationale du Parti républicain de 1984

Reagan et Bush Sr à la Convention Nationale du Parti républicain de 1984

Les politiques néolibérales initiées par Reagan et continuées par George H. Bush puis Bill Clinton (un Démocrate) révélèrent l’influence gagnée par les conservateurs économiques au sein du Parti républicain, et plus généralement dans les cercles de pouvoir à Washington. La grande victoire idéologique des néoconservateurs, entrés dans le parti sous Reagan[24], réside dans les politiques qui suivirent les attentats du 11 septembre 2001 portant les questions de sécurité internationale et du terrorisme sur le devant de la scène. La présidence de George W. Bush, et son compassionate conservatism, permit de maintenir une forme d’unité au sein de la coalition conservatrice. En effet, la détermination des néoconservateurs à exporter le modèle américain fit écho aux désirs des conservateurs sociaux qui se présentaient comme porteurs du message universel de Dieu. Enfin, les politiques fiscales de Bush plurent aux conservateurs économiques puisqu’elles conduirent à de très fortes baisses d’impôts pour les classes supérieures[25]. L’alliance entre la coalition conservatrice et le Parti républicain, appelée le ‘nouvelle droite’[26], aurait pu disparaitre avec la fin de la Guerre froide, mais elle s’est maintenue grâce au consensus néolibéral et à la capacité des différentes administrations républicaines à accomoder les revendications de chacune des factions.

Le délitement de la coalition conservatrice : terrain d’émergence du Tea Party

La fin de l’administration Bush II et la défaite de John McCain en 2008 ouvrirent une brèche dans la coalition conservatrice. En effet, les néoconservateurs furent décrédibilisés par la débâcle de la guerre en Irak[27]. Les conservateurs économiques rejetèrent quant à eux les politiques de relance initiées par Bush à la fin de son mandat en réponse à la crise économique de 2007 et lui reprochèrent l’augmentation considérable du déficit fédéral causé par les guerres et les réductions d’impôts, dont ils ont paradoxalement été les architectes[28]. Le mouvement conservateur blâma les néoconservateurs pour ces problèmes, laissant aujourd’hui les conservateurs économiques et sociaux en lutte pour le pouvoir au sein de la coalition[29].

Manifestation du Tea Party à Hartford (Connecticut) le 15 avril 2009

Manifestation du Tea Party à Hartford (Connecticut) le 15 avril 2009

L’histoire du mouvement conservateur moderne est donc celle d’une rivalité constante pour le maintien d’une cohérence idéologique entre des factions dont les représentations peuvent aisément devenir antagonistes. Deux arguments sont proposés au sein de la coalition conservatrice pour expliquer les défaites de McCain en 2008 et de Mitt Romney en 2012. Pour les uns, le Parti républicain a abandonné les principes conservateurs qui faisaient la force et la popularité de Reagan pour adhérer à tort à un consensus progressiste. D’autres mettent en cause la droitisation du parti. Quelle qu’en soit la raison, cet enchaînement de défaites a été désastreux pour les efforts d’unification du mouvement conservateur au sein du Parti républicain. Le Tea Party, partisan du premier argument, a certes permis au Parti républicain de remporter les élections mi-mandat de 2010, mais au prix de primaires révélant les divisions internes du parti. Cette élection marqua le succès des ultraconservateurs portés par le Tea Party. En 2014, les modérés parvinrent à reprendre le dessus à l’intérieur du parti, mais à la suite de primaires démontrant la persistance des luttes intestines.

La formation du mouvement conservateur moderne : facteur d’idéologisation du Parti républicain(cliquer pour agrandir)

Le Parti républicain manque désormais d’une personnalité politique et d’un discours capables de réconcilier les multiples factions qui cherchent toutes à occuper ce vide de leadership. Cette brèche dans la coalition, l’incapacité des factions à se réconcilier, ainsi que la victoire d’Obama à la présidentielle de 2012 alors même qu’il était impopulaire, montrent que le Tea Party, lui-même profondément divisé comme nous allons le voir, ne marque pas un renouveau du conservatisme. Il semble plutôt représenter l’effondrement de la coalition dans laquelle, « incertains des principes qui les lient, conservateurs sociaux et conservateurs libertaires semblent enclins à se replier sur eux-mêmes et à se séparer »[30].  Ce phénomène de délitement se traduit dans les candidatures à la primaire républicaine de 2016 où l’on retrouve des figures représentant les principaux courants conservateurs : Cruz, issu de la frange socio-conservatrice, Rand Paul, se faisant la voix des conservateurs à tendance libertaire, et Bush, candidat dit establishment issu d’une dynastie politique ancrée dans le système washingtonien.

Conclusion

A la veille des élections présidentielles de 2016, le Tea Party apparait moins influent qu’il y a trois ans. Après des scores importants en 2010, l’inexpérience et le manque de capacité au compromis des élus et candidats du Tea Party ont fini par faire réagir la frange modérée du Parti républicain. Le Parti républicain n’aurait-il pas tout simplement réussi à absorber ce mouvement insurrectionnel en son sein ? La réalité n’est pas aussi simple. Si l’on parle moins du Tea Party dans les médias, les personnalités qu’il a portées sur le devant de la scène sont bien présentes. Des darlings tels que Cruz ou Rand Paul aux déchus comme Christie ou Rubio, tous sont des produits de cette mobilisation ultraconservatrice. Tous sont présents dans la campagne 2016 et porteurs de visions du conservatisme qui sont antithétiques. De plus, la droitisation du Parti républicain à laquelle le Tea Party a contribué et les divisions qu’il a exacerbées au sein du parti sont loin d’avoir disparu. Malgré le contrôle total du législatif par le parti depuis janvier 2015, les désaccords idéologiques et stratégiques qui l’habitent sont tels qu’il n’a pu mettre fin aux blocages législatifs qui auraient pu disparaître après 4 ans d’un Congrès divisé.

La continuité des idées avancées par les ultraconservateurs indique que loin d’incarner le renouveau de la coalition conservatrice, le Tea Party aura plutôt été un catalyseur de ses divisions profondes. Les acteurs institutionnels, politiques, et financiers du mouvement ne sont pas nés avec le Tea Party en 2009. Ils continueront à lutter pour le pouvoir au sein du Parti républicain tant qu’une voix fédératrice n’aura pas émergé. Ceci présage de primaires à venir particulièrement longues et conflictuelles.


[1] « Meet the 19th most likely guy to win the GOP presidential nomination », Terris, Ben. 2015. «Meet the 19th most likely guy to win the GOP presidential nomination.» Washington Post. 20 avril. Visité le avril 21, 2015. http://www.washingtonpost.com/lifestyle/style/meet-the-19th-most-likely-guy-to-win-the-gop-presidential-nomination/2015/04/20/0197e690-e6d7-11e4-aae1-d642717d8afa_story.html.
[2]  Gottfried, Paul. 2012. Le Conservatisme en Amérique. Paris: Editions de l’Oeuvre.
[3] « to be conservative […] is to prefer the familiar to the unknown… the tried to the untried, fact to mystery, the actual to the possible, the limited to the unbounded, the near to the distant », Robin, Corey. 2011. The Reactionary Mind: Conservatism from Edmund Burke to Sarah Palin. Oxford: Oxford University Press. p.1
[4] « invariably arises in response to a threat to the old regime or after the old regime has been destroyed », , Robin, Corey. 2011. The Reactionary Mind: Conservatism from Edmund Burke to Sarah Palin. Oxford: Oxford University Press. p.6
[5]  Gottfried, Paul. 2012. Le Conservatisme en Amérique. Paris: Editions de l’Oeuvre.
[6]  Vergniolle de Chantal, François. 2002. «Le Parti de Lincoln Est-Il Devenu Celui de Calhoun?» Revue Française D’Etudes Américaines 93: 78-94.
[7] Bishop, Bill. 2009. The Big Sort. New York: First Mariner Books.
[8] Entretien avec William Lund, février 2014.
[9] Gottfried, Paul. 2012. Le Conservatisme en Amérique. Paris: Editions de l’Oeuvre.
[10] Berkowitz, Peter. 2009. «Constitutional Conservatism.» Policy Review 3-23.
[11] Gottfried, Paul. 2012. Le Conservatisme en Amérique. Paris: Editions de l’Oeuvre. p.35.
[12] Vergniolle de Chantal, François. 2004. «La Cour Rehnquist et le Fédéralisme aux États-Unis : Peut-on Parler d’un Project Néofédéral ?» Revue Internationale de Droit Comparé (3): 571-602.
[13]  « true religion is not merely an expression of national spirit; it rises far superior to earthly law, being, indeed, the source of all law », Kirk dans McLeod, Aaron. 2005. Great Conservative Minds: A Condensation of Russell Kirk’s « The Conservative Mind ». Birmingham: Alabama Policy Institute. p.5
[14] Berkowitz, Peter. 2009. «Constitutional Conservatism.» Policy Review 3-23.
[15] Critchlow, Donald T. 2011. The Conservative Ascendency. Lawrence, Kansas : University Press of Kansas.
[16] « after the Civil War, Southern conservatism – racial, economic, religious, social, cultural – was channeled exclusively through the Democratic Party » Black, Earl, et Merle Black. 2002. The Rise of Southern Republicans. Cambridge: The Belknap Press of Harvard University Press. p.138.
[17] « identified with Roosevelt and the New Deal rather than rebellion and white supremacy » Black, Earl, et Merle Black. 2002. The Rise of Southern Republicans. Cambridge: The Belknap Press of Harvard University Press. p.15.
[18] Black, Earl, et Merle Black. 2002. The Rise of Southern Republicans. Cambridge: The Belknap Press of Harvard University Press. p.77.
[19] Vergniolle de Chantal, François. 2002. «Le Parti de Lincoln Est-Il Devenu Celui de Calhoun?» Revue Française D’Etudes Américaines 93: 78-94.
[20] « combined law and order appeals with economic conservatism » Black, Earl, et Merle Black. 2002. The Rise of Southern Republicans. Cambridge: The Belknap Press of Harvard University Press. pp.210-211.
[21] Alsabbagh, Soufian. 2012. La Nouvelle Droite Américaine. Paris: Demopolis.
[22] Bishop, Bill. 2009. The Big Sort. New York: First Mariner Books.
[23] Glass, Andrew. 2007. «Congress Runs Into ‘Republican Revolution’ Nov. 8, 1994.» Politico. 8 novembre. Visité le juin 5, 2014. http://www.politico.com/news/stories/1107/6757.html.
[24] Gottfried, Paul. 2012. Le Conservatisme en Amérique. Paris: Editions de l’Oeuvre. p.35.
[25] Skocpol, Theda, et Vanessa Williamson. 2013. The Tea Party and the Remaking of Republican Conservatism. New York: Oxford University Press.
[26] Alsabbagh, Soufian. 2012. La Nouvelle Droite Américaine. Paris: Demopolis.
[27] Entretien avec William Lund, février 2014.
[28] Skocpol, Theda, et Vanessa Williamson. 2013. The Tea Party and the Remaking of Republican Conservatism. New York: Oxford University Press.
[29] Berkowitz, Peter. 2009. «Constitutional Conservatism.» Policy Review 3-23.
[30] « uncertain of the principles that bind them, social conservatives and libertarian conservatives seem inclined to turn inward and go their separate ways » Berkowitz, Peter. 2009. «Constitutional Conservatism.» Policy Review 3-23.