Le mardi 5 mars 2013 est décédé, à la plus grande déception des anti-impérialistes, le révolutionnaire vénézuélien, Hugo Rafael Chavez Frias. Sa mort marque une nouvelle ère pour le continent sud-américain, soit dit au passage, le plus riche en or noir.
Des millions de citoyens issus de la classe populaire ont eu la possibilité de se recueillir une dernière fois, sur la dépouille du dirigeant bolivarien.
Jamilina Barrios, 39 ans, greffière de Caracas, se « sentait tellement mal, qu’elle ne pouvait même pas parler. Il était la meilleure chose qui soit arrivée à ce pays. Je l’aime. Espérons que le pays va se ressaisir, et continuer sur le chemin qu’il a tracé. »

Mais la principale question est de savoir si le Venezuela est en mesure de suivre le chemin tracé par « El Commandante », cet homme respecté notamment parmi les plus pauvres ?
Des nouvelles élections auront lieu le 14 avril : Nicolas Maduro, l’actuel président par intérim, sera-t-il le successeur illégitime du président défunt ? Qui pourrait en douter ?
Illégitime néanmoins, car selon la Constitution en vigueur dans le pays, c’est bel et bien le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello Rondón, qui aurait du être propulsé à la tête de l’Etat. Hugo Chavez avait déclaré publiquement qu’il souhaitait Maduro comme successeur, mais le PSUV (Parti Socialiste Unifié du Venezuela) était contre cette décision, considérant Maduro comme trop proche idéologiquement de Cuba, et par la même, éloigné de la réalité vénézuélienne. Ses partisans reprochent à l’inverse à Diosdado Cabello d’avoir été allié à des éléments, pour ainsi dire, « moins glorieux » de la Révolution : des hommes d’affaires corrompus associés à des militaires hauts-placés.
Une déficience d’unité dans le parti pourrait entrainer d’incalculables conséquences politiques, pouvant aller jusqu’à sa dissolution. Alors, la droite d’opposition, aurait le feu-vert inespéré pour prendre le pouvoir, à la grande joie, on l’imagine, des Etats-Unis.
D’ailleurs, les vénézuéliens immigrés aux Etats-Unis n’attendent que cela : lors de l’annonce du décès d’Hugo Chavez, la plus grosse communauté, basée à Miami, a savouré cet instant dans les bars et restaurants communautaires de la ville.

Le fait est que les Etats-Unis vont certainement essayer de semer la zizanie au sein du PSUV, en aidant, ouvertement ou discrètement, l’opposition. Même si l’ensemble des dirigeants latino-américains ont convenu que la mort de Chavez était « une grande tragédie », Washington ne désespère pas de voir le signe d’un retournement de situation dans son « arrière-cour ».
« L’Amérique Latine est morte aujourd’hui […] », déclarait Dilma Roussef, la présidente brésilienne, elle-même rescapée d’un cancer.
Ahmadinejad, Poutine, Correa… la liste des « présidents anti-démocratiques » rendant hommage au révolutionnaire bolivarien, est non-exhaustive.
À l’opposé, le président Barack Obama a déclaré dans un communiqué que Washington « soutenait le peuple du Venezuela, et souhaite développer des relations constructives avec le nouveau gouvernement. […] À une époque où le Venezuela ouvre un nouveau chapitre de son Histoire, les Etats-Unis s’engagent à accompagner le pays dans une politique qui favorise les principes démocratiques, l’Etat de Droit et le respect des Droits de l’Homme. » À bonne intention, bon entendeur : on n’en doutera pas.

Après Chavez s’ouvre une période de doute concernant l’avenir du Venezuela : comment le PSUV va-t-il gérer l’héritage bolivarien du « Commandant » ? Le pays restera-t-il la tête de proue de l’anti-impérialisme « yankee » ? Reste à balayer également les doutes sur sa mort, qui reste à déterminer.

« Sólo estoy alertando, no soy un instigador. Nadie sabe en que va parar esta situación. »

Discours d’Hugo Chavez lors de la Conférence Mondiale des Peuples sur le changement climatique. (Cochabamba, Bolivie)